Lettre ouverte post-COVID

Nous sortons  doucement d’une période inédite de souffrance et de difficultés au quotidien pour les uns, d’angoisse, d’impatience ou de frustration, d’interrogations ou de remises en cause pour d’autres. Cette crise nous a révélé si besoin en était, la fragilité de l’humanité, les imperfections notoires de notre société et les limites d’une approche exclusivement économique et financière.

Le confinement imposé a sans aucun doute constitué pour beaucoup d’entre nous, une  opportunité de nous interroger encore plus fondamentalement sur ce qui est l’essence de notre humanité et de ses valeurs. L’interruption de nos pratiques religieuses habituelles, nous a imposé de vivre notre foi en nous passant de “l’institution” et de ses rites. Dans cette situation le pape François  n’a cessé de nous donner des pistes pour la vivre au mieux. Ainsi dans une interview écrite réalisée le 10 Avril dernier, le pape François écrit:

“…L’Église est la liberté de l’Esprit en ce moment face à une crise, et non une Église enfermée dans des institutions. Non que le droit canonique ne soit pas important, mais le dernier canon dit que tout le droit canonique a un sens pour le salut des âmes, et c’est là que la porte nous est ouverte pour sortir et apporter la consolation de Dieu dans les moments de difficulté. (…) Nous devons répondre au confinement avec toute notre créativité.”

Nous savons qu’ici ou là des chrétiens ont pris des initiatives pour continuer à vivre leur foi en communauté. Ils ont fait preuve de “créativité” comme le demande le pape François, ce qui leur a permis de “vivre leur foi” et “être en Eglise” autrement.

Vous-mêmes vous avez peut-être été acteurs de telles initiatives ou vous en avez été témoins, ou bien encore vous en avez eu des échos précis. Nous souhaiterions partager avec vous toutes ces expériences pour continuer le chemin de progrès et de renouveau que nous avons entamé ensemble depuis plusieurs mois.

Ces expériences nouvelles ont-elles modifié notre vision de l’Église? Qu’est-ce qui nous a manqué le plus pendant ce “sevrage”  imposé des rites et pratiques habituels? Cela va-t-il nous amener à modifier durablement nos propres pratiques religieuses? Ces expériences vécues peuvent-elles apporter des éléments de réponses aux questions relatives à la “décléricalisation” de l’église soulevée par le pape François? Qu’avons-nous découvert de nos attentes en termes de vie au sein d’une communauté de croyants ?

Il est important qu’individuellement et collectivement nous puissions sincèrement et durablement tirer le meilleur de cette expérience que chacun de nous a vécue. Mais aussi de garder en tête la mise en garde de P.Olivier Artus, bibliste et recteur de l’Université catholique de Lyon, contre l’oubli des résolutions prises pendant la crise du coronavirus:

Entre l’enthousiasme excessif qui caractérise toute sortie de crise, et le cynisme auquel certains pourraient se laisser aller, il existe une voie pour une espérance crédible, qui se nourrit des hauts faits de tous ceux qui ont su résister et veiller.

N’hésitez pas à réagir à cette invitation : transmettez dans la mesure du possible avant la mi-juillet, vos témoignages par mail à l’adresse : contact@lesfleursdelamandier.fr